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Critiques

Les critiques

Fou rire, Biblioblog, juin 2011

Après quelques semaines d'abstinence forcée, j'ai eu besoin de replonger dans la lecture sans gloutonnerie. Les formats des éditions des Ateliers de l'In8 sont idéaux dans ces cas-là. Un fou rire, tout juste que ce qu'il me fallait. A moins que la surprise ne soit pas là où je l'imaginais.
Anissa, jeune mariée tunisienne, quitte sa terre natale au lendemain de ses noces pour rejoindre les Etats-Unis. Dans l'avion qui la mène vers un nouvel avenir, au côté de son mari, Anissa replonge dans ses souvenirs. Comment la jeune fille qui aurait dû rester toute sa vie dans son village a-t-elle réussi à épouser ce riche entrepreneur ?
Joëlle Cuvilliez nous conte en quelques pages le parcours de cette jeune femme décidée à se créer un destin : les études loin du village, les hommes d'un soir, la déception de ne pas avoir réussi à s'extraire de son milieu, le mariage arrangé... mais pour se marier, encore faut-il être vierge....
En début de billet je parlais de surprise car à la lecture du titre, je pensais trouver un texte léger. Il n'en est rien et le fou rire d'Anissa est bien cher payé. En tournant la dernière page, le rire s'étrangle dans la gorge et l'on se dit que l'égalité entre homme et femme est toute relative. Plus qu'un fou rire c'est un rire de fou, un rire jaune comme la couverture du livre. Mais un rire salutaire pour ne pas oublier ou occulter ce qui se passe de l'autre côté de nos frontières.

Laurence

Boulette, Agence Régionale du livre Haute-Normandie, juin 2011

Séverine Garnier, de l'Agence régionale du livre et de la lecture de Haute-Normandie, a écrit un très bel article sur Boulette, paru dans la collection La Porte à Côté.
Voici quelques morceaux choisis :

"une nouvelle décapante qui fait son entrée au nuancier des aquitaines éditions de l'Atelier In8. Boulette, c'est le petit nom d'Irène. Boulette est grosse. Boulette veut aimer. Peu importe si celui qu'elle aime est un Kurde d'Irak, Boulette est prête à traverser la manche pour aimer." (...) "Avec la collection La Porte à Côté, les éditions de l'Atelier In8 cultivent un verger dans lequel chaque texte est une nouvelle variété à croquer."

Lire l'Article en entier

Boulette, Blog de la vareuse, juillet 2011

Boulette, c’est Irène, une jeune fille au corps ingrat, trop gras et au cœur pur, malmenée par un père brutal et raciste. Ils vivent près de Calais, dans cette jungle où les sans papiers à bout de ressources, échouent en attendant de pouvoir traverser la Manche.
Le jour où elle découvre la cache de Yussef, sa vie s’illumine. Dès lors, Boulette ne va reculer devant rien pour aider ce kurde d’Iraq et changer le cours de son propre destin.Pas un mot de trop dans cette nouvelle très noire où, sans tomber dans le misérabilisme, l’écrivain de polars Max Obione épingle la condition humaine avec le déterminisme d’un Thomas Hardy.

Balada Flamenca, Sud Ouest, juillet 2011

Il fait partie de ces éternels amoureux de la vie qui ont parfois du mal à comprendre le monde dans lequel ils vivent. Un rien nostalgique, bohème impénitent et épicurien par philosophie, voilà longtemps que Jean-Louis Duzert a troqué son patronyme pour le diminutif plus chantant de Loulou.
C'est ainsi qu'on le connaît dans le mundillo du flamenco. Ancien de la maison « Sud Ouest », c'est pour l'agence montoise du quotidien qu'il a couvert les premiers soirs du festival Arte Flamenco. Arrivé dans les Landes en septembre 1988, il déguste le premier millésime dix mois plus tard. « C'était rude, se souvient-il. Je n'y connaissais rien, je ne parle pas un traître mot d'espagnol. J'avais même acheté un livre pour essayer de comprendre quelque chose. »
Plus de deux décennies plus tard, il ne devise toujours pas avec Don Quichotte, mais continue à vivre au rythme de l'Arte, quand le temps qui passe s'entortille dans la complexité des rythmes et s'écoule dans l'irrégularité du temps.
Les mains de Camaron

« Le soir de Camaron, j'ai attrapé le duende. En l'entendant, j'avais les poils au garde à vous et l'œil humide », confesse Jean-Louis Duzert. Il faut dire que le mythe, « le monstre », n'était arrivé que fort tard à Mont-de-Marsan. « Tout le monde était parti en ville, il a fallu rameuter dans les bars pour dire qu'il allait finalement chanter. » Et, au bout de cette nuit devenue légendaire, une clé pour le photographe. Les mains de Camaron - un cliché où toute la tension du cante jondo apparaît dans les chairs de l'artiste - lui ont ouvert, de son propre avis, « les portes du monde flamenco ». Un gros plan, l'une des caractéristiques des instantanés de Loulou Duzert ; un retour vers ses premières pellicules de portraitiste. « Les gens n'ont pas besoin de tout voir. Je cherche l'attitude profonde de chaque artiste tout en lui laissant une part de mystère. » Une mimique de Pedro Bacan, l'un ou l'autre de la famille Galvan, une main de Juana Amaya… Les noms et les souvenirs affluent et donnent le tournis, telles les danses de ces femmes qui, si elles ne sont pas toutes belles, parviennent en revanche à nous le faire croire.
De cruelles blessures

Être sensible dont la rondeur reflète ici une grandeur d'âme enfouie sous un caractère d'ours mal léché, le photojournaliste ne pouvait être que fasciné par ce « peuple qui, souvent poussé par le nomadisme, exprime par le chant de cruelles blessures ».
Au moment d'accrocher aux cimaises du musée Despiau-Wlérick le résultat d'une errance de plus de deux décennies, également couchée sur le papier de la jolie maison d'éditions béarnaise Atelier IN8, le photographe le revendique. « Les complaintes - souvent inspirées de scènes de la vie et d'histoires familiales - donnent à mes portraits une intensité dramatique. »
Vingt ans de photographies ; des centaines de négatifs ; quelques milliards de pixels emprisonnés dans son appareil. De Mont-de-Marsan, dans le sillage du Conseil général des Landes et d'Antonia Emmanuelli, à l'Andalousie. Une « Balada flamenca » de Séville à Utrera, de Lebrija à Jerez, de Cadiz à Huelva… Aux sources du flamenco, puisque celui-ci sait se faire désirer et surgir parfois dans les endroits les plus improbables. « Il n'y a pas de rendez-vous possible avec le duende. C'est un peu comme une troisième mi-temps au rugby : elle prend ou elle ne prend pas. »
Une histoire d'humanité en fait. Pas étonnant, alors, que Loulou ait été accepté dans ce mundillo où les regards veulent souvent dire plus que les mots. « Touriste de la vie », selon son entourage, le charcutier-conteur de Laruns, Jean-Claude Coudouy ne l'a-t-il pas défini comme ayant « le cœur au bout du doigt ». Prêt à appuyer sur l'objectif, évidemment.
« Balada flamenca », photographies de Jean-Louis Duzert, au musée Despiau-Wlérick. Visible de 10 heures à 19 heures pendant le festival Arte flamenco. Du 10 au 29 juillet, de 10 heures à 12 heures et de 14 heures à 18 heures. Présentation en avant-première de l'ouvrage de Jean-Louis Duzert et Ludovic Pautier, aux éditions Atelier IN8.

Benjamin Ferret

Balada Flamenca, Aqui.fr, juillet 2011

Manuel Molina, Maria Pagés, José, Pastora et Israël Glavan, Juana Amaya, Conchas Vargas, Juana Del Pipa, Camaron de la Isla, Andrés Marin, El Zambo et quelques autres sont immortalisés à jamais par les photos noir et blanc de Jean-Louis Duzert. D'une scène à l'autre, dans un chant, une attitude, un claquement de talons ou un rythme de palmas, les plus grands sont là, « cantaores » et « bailaores » qui ont marqué l'histoire contemporaine du flamenco. Une « Balada Flamenca », qui s'expose là où tout à commencer pour le photographe : à Mont-de-Marsan.
Cela fait un peu plus de vingt ans que Jean-Louis Duzert est tombé en passion pour le Flamenco. Vingt-trois ans exactement, comme autant d'édition du Festival Arte Flamenco de Mont-de-Marsan. En effet, en 1989, fraîchement débarqué à Mont-de-Marsan, c'est son travail de photojournaliste qui amène Jean-Louis Duzert « à couvrir » l'évènement de cette grande première. Une rencontre avec le flamenco, dont il ne pourra plus se passer, surtout lorsque dès la deuxième édition, il signe la photo mythique : « les mains de Camaron », tatouées, bagues et montres en or, en train de frapper l'une contre l'autre. Ces mains de gitan, dechanteur de « cante jondo », suffisent à imaginer sans mal le reste de la scène jusqu'à l'expression du chanteur.
"Voler des morceaux "
Car, c'est une spécificité des photos de Jean-Louis Duzert : faire des images serrées, ne voler que des morceaux de ce qui se joue devant lui : l'intensité d'un chant ou d'une danse, l'âme du flamenco. Il le reconnaît lui-même « je n'ai pas envie de tout montrer, je veux que les gens imaginent, rêvent ». C'est donc dans les mains, les regards, les mimiques voire parfois dans les grimaces des chanteurs possédés par leur cante que tout le tragique du flamenco vous saute aux yeux. Et quand les danseuses sont prises en photo toute en courbe et en lumière, le regard amoureux et passionné du photographe, les voit fières, belles et sensuelles.
Si vous êtes de passage à Mont-de-Marsan d'ici au 29 juillet, c'est donc au Musée Despiau Wlérick, qu'il vous faudra trouver le temps de vous rendre. En effet, à compter du mois d'août l'exposition « Balada Flamenca », continuera son chemin vers d'autres salles d'exposition à travers la France et l'Europe. Si l'organisation de cette exposition montoise a donné lieu à la publication d'un livre, il n'en reste pas moins que la visite de l'expo est une occasion à ne pas manquer.

Solène Méric

Balada Flamenca, flamencoweb, juillet 2011

Vies sur scène

Comme il existe des monstres sacrés dans le monde du flamenco, il y a aussi des figures incontournables dans celui de la photographie flamenca, parmi lesquelles Jean-Louis Duzert, dit Loulou.
On le croise dans tous les grands festivals de flamenco en France et en Espagne : un homme enthousiaste et particulièrement généreux. Tous les artistes et directeurs de festival le portent dans leur cœur. Loulou est l’ une des signatures françaises de la photo flamenca. Son objectif a croisé les plus grands artistes et les plus grandes promesses. C’ est qu’ il a l’œil, Loulou ! Il sait détecter avec une intuition innée les futurs talents et « sentir » la scène. Les photographies de Rafaela Carrasco, Rocio Molina, María Pagés, Andres Marín, Israel Galván, Eva La Yerbabuena, Manuel Molina… illuminent les murs.
En tant que photographe, on peut se fier à son œil, il suffit de le regarder après chaque spectacle : Loulou est un ultra sensible. Après tant de clichés, son obturateur saisit chaque mouvement avec la même fraicheur, comme pour la première fois. Quand il « shoote », il vit l’ autre dimension, celle qui l’ entraîne dans ses émotions. Il rit, il bougonne, il s’ inquiète, il se réjouit, et parfois cache une larme en baissant le regard, comme à la fin du concert de Dorantes et Esperanza Fernández. Merci, Loulou, de nous faire découvrir ce que ton œil a saisi : des artistes habités par leur art, le duende, mais aussi des portraits saisissants comme celui d’ El Cabrero chez lui, ou encore celui de Raquel Villegas à Sanlúcar de Barrameda. Ces quelques clichés intimes sont les plus émouvants, quand on sait que l’ exercice de « faire simple mais exact » est toujours un pari à haut risque. En effet, Loulou nous fait passer de l’ état de spectateur à celui d’ invité privilégié, captant un instant de vérité, comme ce cliché des guitaristes répétant dans un couloir, ou cette procession qui parcoure le chemin d’ El Rocío. Toutes ces photographies en noir et blanc ajoutent au flamenco un peu de dramaturgie et transmettent le feu sacré.
Cette exposition, qui fait la part belle à la scène flamenca, nous offre un large éventail de photographies figurant toutes dans son livre à paraître l’automne 2011. Mais nous espérons découvrir prochainement un peu plus de ces fameux portraits naturels. Nous présumons que Loulou nous réserve encore des trésors, et mon petit doigt m’ a dit que …
Muriel Mairet

Comme vous et moi, Biblioblog, juillet 2011

Aux premières lueurs du jour, un homme se lève, quelques minutes avant son réveil. Comme tous les jours. Et puis il prend son petit déjeuner, se lave et s'habille avant de partir au travail, en bus. Comme tous les jours. Il travaille et revient en taxi. Comme tous les jours. Comme vous et moi, il a l'air d'avoir une vie normale. Et pourtant…
Et pourtant, sous des extérieurs on ne peut plus banals, cet homme cache un esprit à l'équilibre précaire. Il compte, recompte, répertorie, additionne, soustrait, détaille compile, dénombre, énumère… sans discontinuer depuis le réveil au coucher. Ça l'épuise parfois, mais il ne peut faire autrement. Le lecteur le suit donc pendant 24 heures. 24 heures de folie ordinaire et insoupçonnable. Angel Pouyllau, dans ce foisonnement de pensées, prend son temps, avance lentement. Et on ne sait plus très bien si l'homme que l'on suit est désespérant de normalité ou totalement dérangé. Et l'on sait plus très bien non plus si l'histoire qui nous est contée est contemporaine ou située dans un futur proche. Et voilà que le lecteur à son tour s'interroge, additionne, soustrait, décrypte…
Et puisque pour la nouvelle, il faut un chute, celle que nous propose Angel Pouyllau est un joli pied de nez aux jugements un peu trop hâtifs et superficiels.

Laurence

On ne peut pas, Polarmania, août 2011

Le récit commence par une petite phrase dans le genre de celles qui ont le pouvoir de m’accrocher. « Pourquoi, ce matin-là, ai-je pris cette petite route, au lieu de la nationale ? » Chaque jour qui passe, on prend une quantité incalculable de décisions comme celle-là, sans même y penser, qui peuvent – et vont forcément- tout changer. Un matin d’automne, un automobiliste décide de dévier sa route et, en pleine campagne, s’arrête sur un panneau « À vendre ». Une station-service, enfin ce qu’il en reste depuis que la clientèle l’a désertée au profit de la station de la nationale. Et s’il l’achetait, cette bicoque isolée, pour y passer ses week-ends ?Je ne raconte pas l’histoire, elle est originale et belle. En une trentaine de pages, Anne-Marie Garat plante un décor et une ambiance de manière exceptionnelle. Les dialogues, sobres, sonnent très vrai, notamment dans la bouche du vieux Jo, le propriétaire des lieux, qui se révèle être un vendeur hors-pair : « C’est que vous voudriez des petits agréments, en plus, hein. Des petites choses. » Je les ai vus en lisant, ces « petits agréments », « ces petites choses » et c’est tout le plaisir de lecture qui va avec : quelques lignes suffisent à l’auteur pour restituer un univers. J’y étais…Un texte particulièrement réussi. 

Lavocam, Polarmania, août 2011

Jan Thirion, c’est une valeur sûre, aussi bien dans ses romans que dans ses nouvelles : un bon moment de lecture assuré. Il a le chic pour créer une histoire extraordinaire à partir de situations, de personnages, de tous les jours. Dans Lavocam, le héros est un laveur de camions. On pourrait penser que sa vie est d’un morne à se tirer une balle. De l’extérieur, elle l’est. Mais de l’intérieur…Drôle et émouvant, encore une très belle histoire à la Thirion. 

Arrêtez d'arrêter, Polarmania, août 2011

Dans un futur proche, le fait d’avoir été (avant son interdiction, bien sûr) abonné à 50 millions de consommateurs sera considéré comme le signe d’un caractère rebelle, à surveiller. Pas question de faire quoi que ce soit qui déplaise à l’Hygiéniste municipal, au Prêcheur sportif ou au Chef de Bloc ! Manquerait plus que ça. On ne rigole plus ! Le merchandising est enseigné en maternelle, le « bureau de développement des heures supplémentaires » dispose de son milicien et de son évangéliste, on peut être élu « employé du mois » lorsque l’on n’a pas pris de congés depuis plus de 2 ans… Alors évidemment, lorsque l’on vous propose de participer à un stage subversif que « paraît-il, des gens suivraient », on est un peu perplexe. C’est tellement osé ! Retrouver le goût du tabac grâce à un « stage de réappropriation tabagique » ? C’est interdit et puis, le tabac, c’est comme les bonbons et les salaisons : faut se les procurer chez l’Africain, au marché noir, et c’est coton…Pour rire et réfléchir sur les travers du monde, une vingtaine de pages d’humour grinçant.
Balada Flamenca
Hors-collection
El fotógrafo  Jean-Louis Duzert dejo patente en este libro su amor por el flamenco y su innegable talento para capturarlo en una imagen. Auspiciado por el Conseil Général des Landes, este volumen con textos en francés, español e ingles contiene un amplio número de fotografías del artista, además ...
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