Ferdinand de Lucie Braud
Le palpitant de Ferdinand faiblit un peu. C’est que cet homme qui se tient debout, bien droit, le regard franc, l’esprit alerte, aussi tendre que moqueur, a traversé le siècle et les guerres.
Il est encore là , l’humanisme intact. Il figure comme le pendant intime, réel, de ces aînés que les Français affectionnent, les Stéphane Hessel, les Edgar Morin.
Une jeune femme nous le raconte, alors qu’il disparaîtra bientôt. C’est son grand-père, et au-dessus de l’abîme des âges s’est nouée une immense complicité, faite de bienveillance et d’espièglerie. Ils s’écoutent et s’entendent, fut-ce dans le silence. Ferdinand est un personnage comme on n’en croise plus, un grand-père tel qu’on rêverait tous d’avoir, tout en bonté, modestie et intelligence. Sacrée réussite qui conjugue subtilité et pudeur, cette première fiction de Lucie Braud refuse le pathos ou l’épanchement facile au profit de l’intensité et de la délicatesse. Ferdinand est vivant, et la lecture, un bonheur. (parution le 09/02 dans la collection Alter & Ego)










