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Super-vilain par Arthur Chambard |
 Cette année, j’ai été diplômé d’une année spéciale en édition-librairie. Cette année, on m’a fourni tout un tas d’enseignements afin que je puisse travailler dans les milieux de l’édition et de la librairie. Cette année, on a voulu faire de moi un super-héros. Mais vous savez ce que c’est, ça finit en costume, totalement névrosé et tout plein de bleus. Cette année, j’ai donc décidé d’être un super-vilain (ou super-méchant, il y a débat sur le terme). Ce choix de vie, il m’est venu pour plusieurs raisons. Devenir Captain Librairie m’imposait plusieurs principes qui n’étaient pas là pour me faire plaisir. Par exemple, pour la gestion des livres dans une librairie, on parle de trois types de stocks. À la fin c’est toujours le stock A qui gagne. Mais moi, ce que je préfère c’est le stock C. C’est fou mais personnellement quand je pars en mission et qu’on me demande de choisir dans mes alliés les auteurs du stock A (soit la littérature de grande consommation comme on dit en sociologie culturelle, et parfois celle du champ médian — mais surtout quand elle a reçu un prix), je me dis toujours que je préfère me battre avec Julien Blaine (Al Dante, entre autre) ou Daniel Soil (l’Atelier in8, entre autre) qu’avec Marc Levy. Cette année, j’ai lu Le livre : que faire ? édité aux éditions La fabrique. Cet ouvrage quand vous êtes étudiants en métier du livre, on ne vous le conseille pas, tout comme, par exemple, Lire et penser ensemble. Sur l’avenir de l’édition indépendante et la publicité de la pensée critique de Jérôme Vidal paru aux éditions Amsterdam. Il faut le dire, les véritables alternatives à l’édition actuelle, on n’aime pas tellement ça dans le milieu enseignant. Dans le premier livre que j’ai cité, on trouve un texte de Roland Alberto, libraire à L’odeur du temps à Marseille, qui démontre justement que ce qu’on nomme le stock C peut devenir le stock A, que c’est justement là le rôle d’un libraire que d’inverser la donne. Mais finalement ce pouvoir, il est bien rare. Vous avez beau chercher dans la notice, il faut croire que seulement les super-vilains y ont accès. Dans ce même cours, on a décidé de tout me dévoiler sur les livres de développement personnel et livres pratiques. Et à ce moment-là, on m’a dessiné un tableau avec les catégories destinées aux femmes et celles aux hommes. Cela me rappelle les cours de sociologie où l’on me présentait des sondages sur les pratiques culturelles des Français avec des séparations par genre.
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Des nouvelles du virtuel... Petite note à l'attention des lecteurs qui n'ont pas la mémoire courte. |
Encore un article sur le numérique dans la newsletter des In8, nous direz-vous ? Ils deviennent fatigants, ces éditeurs... Rassurez-vous, nous aussi, nous en avons ras-le-bol du numérique. On ne parle plus que de cela dans la presse papier ou numérique professionnelle, nos partenaires et confrères n'ont que ce mot à la bouche, « numérique », « numérique », on s'agite, on brasse les mots et l'air, bien souvent sans avoir quelque idée de ce qu'on en fera, de ce numérique, hélas... Ce n'est pas sans inquiétude que nous constatons combien tout le monde se préoccupe soudain du support, de la manière, des « procédures » et de « l'encadrement juridique ». Disparait, sous ces élucubrations, la question du fond. Une édition numérique ? Fort bien, mais l'édition de quoi ? Quel texte ? Quelle création ? Il nous semble parfois que les auteurs se posent la question du mode d'exploitation avant même de savoir ce qu'ils vont écrire ou ce qu'ils ont à dire. Que les éditeurs parlent avenants aux contrats et protection des DRM avant même de se demander quels contenus ils veulent faire exister. Alors, trêve estivale, pour nous, et boudons pour quelques temps ces infernaux débats !
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Jakuta Alikavazovic & le prix du livre Inter |
La jeune écrivaine était en lice cette année pour le si populaire « Prix du Livre Inter », et nombreux sont ceux qui ont eu le bonheur d'entendre sa conversation avec Eva Bettan, diffusée le 4 juin au matin sur les ondes. Les deux jeunes femmes s'étaient retrouvées devant le cinéma parisien Le Louxor, lieu déserté qui a servi de cadre au roman intitulé « Le Londres-Louxor ». Derrière cette curieuse façade se réunit une étrange diaspora, une jeunesse réfugiée en France après le dernier conflit des Balkans. Des personnages éthérés, insaisissables, aux contours floutés, ainsi que les affectionne Jakuta (la belle Esme du Londres-Louxor est aussi fugace que la Véra de Romeo y Julieta), ou dont le trait est au contraire si marqué qu'ils s'apparentent à des masques de la Comedia dell'arte. Le prix du livre Inter a finalement été attribué à Cloé Korman pour Les Hommes couleurs (Seuil), mais ne ratez pas le charme étrange, non dénué d'humour, que dégage Le Londres-Louxor (éditions de l'Olivier), disponible dans toutes les bonnes librairies. |
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